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Antiquité : LE MONNAYAGE DE SALONINE
19
LE MONNAYAGE DE SALONINE, IMPERATRICE ROMAINE (253-268)






BIENFAITRICE DES ALPES-MARITIMES


par Yves BRUGIERE
Cercle numismatique de Nice


Epouse de Gallien et impératrice de 253 à 268, Cornelia Salonina dite Salonine a marqué la région niçoise.  En 261, elle serait venue s’y soigner et elle y aurait accompli des actes de clémence à l’égard des Chrétiens. Une rue lui est d’ailleurs dédiée non loin du site des thermes antiques de Cemenelum (ci-dessous).

Au-delà des rares bustes  que l’on connaît d’elle (Musée du Capitole à Rome, Musée de l’Hermitage à Saint-Petersbourg), et de quelques sources écrites (Histoire Auguste) l’impératrice a laissé de nombreuses monnaies qui nous renseignent sur les valeurs et les vicissitudes de son long règne.

Une impératrice philosophe et tolérante

Relatés par une tradition tenace, les actes de bienveillance dont est créditée Salonine sont d’autant plus plausibles qu’ils « collent » parfaitement avec l’histoire de l’époque. La capture de Valérien 1er, père de Gallien et beau-père de Salonine, par Sapor 1er en 258 ou 259 avait causé un vif émoi dans tout l’empire romain. Après la mort de Trajan Dèce, persécuteur de chrétiens et premier empereur romain tombé au combat, les Chrétiens y avaient vu un signe de la vengeance divine.

Sans doute désireux d’échapper au sort funeste de ses prédécesseurs, Gallien avait pris dès 260 un édit de tolérance à l’égard des chrétiens dans un rescrit adressé aux évêques d’Egypte. On ne sait si l’impératrice l’a influencé dans sa décision mais cela est probable compte tenu du fait qu’ils étaient alors mariés depuis une quinzaine d’années. Les gestes de clémence qu’aurait accomplis Salonine en 261 s’inscriraient ainsi dans le droit fil de l’édit de Gallien et sont donc très vraisemblables.
Est-ce à dire que Salonine était chrétienne ? Sans doute pas puisqu’elle fréquentait assidûment avec Gallien les philosophes Porphyre et Plotin dont les thèses rejetaient les cultes et les dogmes chrétiens. Gallien avait même envisagé de créer en Campanie une ville nouvelle du nom de Platonopolis, dédiée au philosophe Platon.
Difficile donc de considérer, au milieu de cet océan de paganisme, que le revers à la légende AUGUSTA IN PACE ou AUG IN PACE (l’impératrice en paix) pourrait être un îlot témoignant de sympathies chrétiennes de l’impératrice au motif que la mention IN PACE se retrouverait sur les sépultures chrétiennes (RESQUIESCAT IN PACE).
Nous retenons pour notre part une impératrice sans doute pas chrétienne mais éclairée et tolérante, concernant laquelle l’histoire n’a rien rapporté de négatif, si ce n’est sa colère d’avoir été dupée par un marchand de pierres précieuses (cf. la savoureuse anecdote relatée par l’Histoire Auguste).
Sa venue dans la région des Alpes-Maritimes est tout à fait possible. Un cippe enchâssé dans un angle de mur à Vence mentionne  la venue de son fils Valérien II en 257 ou 258. La tradition conservée d’un passage de Salonine à Berthemont-les-Bains pour s’y soigner en prenant les eaux sulfurées est suffisamment tenace pour avoir un fondement historique. Des fragments de tegulae qui ont été retrouvés à Berthemont laissent supposer une utilisation du site, et donc des sources, depuis les Romains.
Les monnaies confirment massivement cette orientation païenne. Le monnayage de Salonine et de Gallien présente, tout au long de leurs quinze années de règne, une iconographie constamment dédiée aux dieux de Rome et se termine d’ailleurs en point d’orgue par la série du bestiaire dans laquelle l'impératrice se place sous la protection de la déesse Junon avec la légende IVNONI CONS(ERVAT) AVG(USTA) (à Junon, protectrice de l'impératrice) -ci-contre antoninien du bestiaire remarquer la surprenante légende IVNONO CONS AVG.

Les principaux revers de l’impératrice la placent sous la protection des déesses JUNON, VESTA, CERES, SEGETIA (ci-dessous), DIANA, ou exaltent la Santé (SALVS),  la Fécondité (FECVNDITAS),  la Félicité (FELICITAS PVBLICA).
Un important monnayage au cœur d’une période tourmentée
Ce monnayage s’inscrit dans une période difficile, troublée par les usurpateurs (Postume en Gaule, Macrien et Quiétus en Orient) et par les incursions barbares (Vandales, Alamans). L’état de guerre civile ou étrangère, génère un besoin sans cesse croissant de monnaie et ce phénomène entraîne une dévalorisation de la teneur en argent des espèces de billon produites. Les beaux antoniniens du début du règne cèdent peu à peu la place à de petites rondelles de cuivre recouvertes d’une fine pellicule d’argent (monnaies saucées). 
Les troubles de la période 253-268 et des années immédiatement postérieures sont confirmés par les nombreux trésors que l’on retrouve et dont la composition montre qu’ils ont été fermés au début du règne d’Aurélien (270), empereur dont l’une des premières tâches a été d’entourer Rome d’une muraille de remparts.

Ces dépôts monétaires contiennent essentiellement des monnaies de la fin du règne de Gallien et Salonine (série du bestiaire en particulier).Ils confirment la grave menace qui pesait alors sur l’empire romain et semblent apporter du crédit aux thèses selon lesquelles Gallien aurait été assassiné par un putsch de généraux illyriens mené par Claude le Gothique et Aurélien, en raison de son incapacité à lutter contre les troubles.
Au cours du règne de Gallien et Salonine, l’inflation monétaire entraîne la disparition des espèces de bronzes. L’antoninien étant devenu une rondelle de cuivre argenturé et d’une valeur très faible, la fabrication de grands bronzes devient inutile. Sesterces, as et dupondii disparaissent sous le règne joint. Le système monétaire romain traditionnel se dérègle jusqu’à l’implosion finale qui va conduire au système nouveau du Bas- Empire.

Particularités du monnayage de Salonine

La multiplication des émissions et des officines (jusqu’à 12 à Rome), entraîne la modernisation du système monétaire et l’apparition de lettres d’atelier ou marques qui permettent de distinguer leur production.
Le monnayage de Salonine est très important. Il est vrai qu’il s’inscrit sur une longue période. A la centaine de types d’antoniniens connus, il faut ajouter les espèces d’or (aurei), de bronzes (sesterces, as, dupondii), d’argent (rarissimes quinaires- ci-contre un exemplaire - 1,52 g), les tétradrachmes d’Alexandrie et les innombrables monnaies provinciales ou coloniales.

Les quinze années de règne ont généré la production de centaines de milliers voire de millions d’espèces à son nom. Sur le plan quantitatif, le pourcentage de monnaies émises par le couple impérial est globalement de 15% pour Salonine et 85% pour Gallien.  
En Orient, les différents utilisés sur les monnaies sont des signes: étoile (ou soleil), croissant de lune, paon ou palme marquent les différentes productions pour l’impératrice. Certaines espèces sont datées par référence au VIIème consulat de Gallien (VIIC) (ci- dessous Antioche - Aequitas aug VII C).
Sur certaines espèces de bronze, la disparition des lettres SC (ex senatus consulto) semble traduire la persistance de tensions avec le Sénat de Rome amorcées sous Valérien.

La titulature des monnaies de Salonine est classique. On rencontre sur les antoniniens SALONINA AUG, COR SALONINA ou CORN SALONINA AUG. Un antoninien rarissime SALONINA PF AVG signalé par M. J.P CALLU traduit l’importance de l’impératrice, mater castrorum, seules Julia Domna et Séverine ayant bénéficié de ce privilège au IIIème siècle.
Pour Salonine, c’est principalement la 4ème officine (lettre Q ou delta) qui bat monnaie à Rome (ci-contre antoninien de Rome- revers Ivno regina - 4ème off. vers 263). A Milan apparaissent les lettres MP et MS pour la première et seconde officine (ci-dessous antoninien de Milan - 2ème officine - Venvs vict - vers 262).
Les monnaies de Gallien et Salonine se retrouvent aujourd’hui en grande abondance, en particulier les antoniniens. Les monnaies de bronzes et les espèces provinciales restent assez rares, surtout concernant l’impératrice. Les tétradrachmes d’Egypte (ci- contre) sont très courants. En revanche, deniers, quinaires et aurei sont rarissimes.

Chaque atelier a son style particulier et avec un peu d’habitude, on reconnaît sans grande difficulté les lieux de production : Trèves, Milan, Rome, Viminacium, Antioche et un autre atelier oriental anciennement reconnu comme Samosate, mais aujourd'hui remis en cause, pour ne citer que les ateliers principaux.
Conclusion : un intéressant monnayage, reflet d'un règne

Le monnayage de Gallien et Salonine est particulièrement intéressant car il s’est étalé sur une période de quinze années, ce qui est assez rare pour des empereurs romains, et car il cristallise les difficultés rencontrées au cours de ce long règne. La période est d'autant plus intéressante qu'elle marque un tournant dans l'histoire monétaire romaine avec la disparition du bronze et la réduction à près de zéro de l'antoninien, voire à sa fiduciarisation.

Le monnayage de Salonine et Gallien reflète très nettement ces difficultés. « Enveloppée dans la fin tragique de son mari », Salonine disparaît de l’histoire en même temps que Gallien. Le couple ne laissera pas d’enfants. Valérien II avait disparu sur le front danubien. Salonin avait été éliminé par Postume à Cologne, sans doute lorsque la capture de Valérien 1er fut connue.

Ces souverains laissent un monnayage très abondant, intéressant historiquement, iconographiquement et intrinsèquement, et dans l’ensemble très accessible financièrement aux collectionneurs s’agissant de la plupart des espèces.

 LES MONNAIES

Les monnaies de Salonine ont été principalement émises dans les ateliers de Trèves, Rome, Antioche, Milan, Samosate et Viminacium, chaque officine ayant son style particulier. On trouvera ci-dessous des espèces des différents ateliers ce qui permettra de constater ces variations dans le style. 
Fecunditas aug - Rome 4ème officine - vers 264  
Curieux antoninien au revers EGINA REGINA - Rome 4ème 
Rare antoninien CONCOR AET RP (Rome 1ère off.)   
Antioche - rarissime antoninien au revers Salvs avg SPQR
Viminacium - Vesta - vers 258  
ATELIER ORIENTAL 2  Samosate? - Concordia augg 
Erreur du graveur : sesterce au S de SC rétrograde 
Salonine - as - revers Ivno regina - Rome - 254/257 
Monnaie coloniale de Nicaea (Bithynie)  
Sesterce revers Ivno regina - Rome - vers 254/257 
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